Compagnie PIERRE MIROIR

Nobuyoshi Asai, danseur et chorégraphe, a commencé à collaborer en 2009, à Tokyo, avec Alessandro Tinelli, vidéaste et artiste sonore. Leur base d’activité est désormais à Paris, où la compagnie PIERRE MIROIR a vu le jour en automne 2013.
La direction artistique de la compagnie, ainsi que les chorégraphies, sont assurées par Nobuyoshi Asai, qui étend sa création également à la conception scénique, les costumes, les lumières ; en dehors de cela, il est également actif dans les champ des installations, des performances et vidéo-danses.
Selon les spécificités de chaque projet, la compagnie fait appel à des danseurs invités, tout en ayant une collaboration permanente avec certains artistes de formations et de milieux créatifs diversifiés.
Les créations se rattachent aux thématiques fondamentales pour PIERRE MIROIR : l’emploi d’un langage corporel spécifique pour exprimer les phénomènes naturels, comme le vent et l’air, qui ne sont pas perceptibles mais qui sont en corrélation et font émerger sur scène la notion de gravité ; par ailleurs il existe une volonté consciente d’estomper les personnalités physiques et individuelles des danseurs pour faire surgir les points focaux des émotions humaines internes et universelles : en liaison avec la « lumière » et l’ « obscurité », la « renaissance » et la « mort », c’est tout un ensemble d’intentions véhiculées à travers les « installations humaines » que deviennent alors les danseurs. L’espace également, traversé par ces thématiques, devient « paysage atmosphérique» entre macrocosme et microcosme, qui transforme la simple expérience visuelle en expérience sensorielle globale.
Ainsi la recherche chorégraphique est en permanence mise en perspective avec la quête de liens organiques entre l’espace environnant, à l’intérieur ou à l’extérieur. Cette connexion avec la spatialité et la temporalité crée des échos avec la philosophie et l’esthétique japonaises.
Parallèlement au travail chorégraphique, la compagnie est aussi tournée vers les créations de vidéo-danse, en mettant l’accent sur les résultats visuels tout comme sur les effets sonores, et en explorant les interactions entre la physicalité humaine et les technologies numériques.
La dimension pédagogique fait aussi partie des projets de PIERRE MIROIR : l’enseignement d’une technique spécifique mise au point par Nobuyoshi Asai, fondée sur l’approche du corps selon les méthodes du butô, associée à un vocabulaire éclectique issu de la danse contemporaine, et explorant l’équilibre dynamique entre le flux d’énergie interne et les formes versatiles et signifiantes transférées au corps, pour être ensuite exprimées par le mouvement.

 

VISION

Le processus créatif dominant de la compagnie est le souhait d’activer et d’explorer les zones d’« obscurité » et les zones d’« clarté » qui, souvent, sont dissimulées dans les détails.
Ce n’est pas seulement le mouvement corporel qui entre en synergie avec les éléments et l’espace scéniques : c’est l’essence même du corps des danseurs, derrière les costumes, qui est soumis à une mutation intérieure profonde de manière à ce que les éléments constitutifs de l’architecture et de l’espace scéniques s’instillent dans le corps des danseurs à travers les costumes qui, eux aussi, deviennent une seconde peau. Ainsi résulte une triple spatialité, matérielle à la fois et symbolique, toute en harmonieuses superpositions, juxtapositions et interpénétrations.
C’est un acte catalyseur qui, par réhabilitions successives, fait rentrer en communion la gestuelle contemporaine avec l’atmosphère et l’essence sacrées de la scène qui, de nos jours, commencent à se perdre.
Telle une lame de fond, demeure toujours la conscience de la limite qui, dans les arts de la scène, existe entre le public et les performeurs : autour de cette limite se cristallisent la subjectivité et l’objectivité de la perception, souvent de manière unilatérale. Le but est de dissoudre cette limite, cette frontière, avec une osmose universalisante entre le subjectif et l’objectif, les performeurs et le public, la non-réalité et la réalité, dans un nouveau « lieu ».

 

Chorégraphe

Nobuyoshi Asai a une approche chorégraphique et artistique particulière qui emploie comme matière expressive la danse butô, principalement, mais aussi la danse hip-hop et contemporaine qu’il pratique également.
Le fondement de cette approche est une recherche dans les origines de l’ancien langage japonais.
Nobuyoshi Asai accorde une importance particulière à la réhabilitation des mouvements quotidiens anciens, qui remontent à l’époque où l’homme vivait en relation étroite avec la nature et avec les phénomènes naturels : mais, depuis, cette époque, ces mouvements, ces gestes ont été perdus.
Il s’agit toutefois de ré-introduire cette gestuelle ancienne en prenant en compte l’écart temporel et les mutations technologiques et sociales qui ont eu lieu.
Cette recherche conduit sur des chemins où la vision purement rétinienne cède le pas à une perception sensorielle parfois intangible : comme l’air, la gravité, la lumière, l’obscurité, qui guident l’homme vers ses sources fondamentales.